Trois bronzes de Khandoba cavalier – Inde, 18e siècle

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Ensemble de trois figures équestres de Khandoba en alliage cuivreux, Inde occidentale, Maharashtra, XVIIIe siècle. Leur modelé stylisé et leurs surfaces lissées par un long usage dévotionnel témoignent du culte populaire de cette manifestation régionale de Shiva.

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Cet ensemble de trois bronzes indiens représentant Khandoba à cheval appartient aux traditions religieuses populaires du Deccan occidental, probablement du Maharashtra. Les trois statuettes reprennent un même type iconographique tout en présentant de sensibles variations de fonte et de modelé : le dieu cavalier se tient droit sur sa monture, coiffé d’un haut couvre-chef conique, tandis que le cheval repose sur un important socle rectangulaire étagé.

Khandoba, également appelé Khanderaya, Malhari ou Malhari Martand, est une divinité particulièrement vénérée au Maharashtra. Intégré au panthéon hindou comme une manifestation de Shiva, il possède cependant une identité régionale très affirmée. Son image est avant tout celle d’un dieu guerrier : il apparaît fréquemment monté à cheval, armé d’une épée et parfois accompagné d’autres attributs shivaïtes.

Khandoba, dieu cavalier du Maharashtra

Le principal centre de son culte se trouve à Jejuri, près de Pune, où son sanctuaire constitue encore aujourd’hui l’un des grands lieux de pèlerinage du Maharashtra. Khandoba est particulièrement associé aux communautés de guerriers, agriculteurs et éleveurs, qui l’invoquent comme divinité protectrice. Son culte s’est ainsi développé à la rencontre de la tradition shivaïte et de pratiques religieuses régionales profondément ancrées dans la société rurale du Deccan.

Carte de l'Inde liée au rituel de Khandoba

Le rituel de Khandoba, forme de Shiva en Inde.

Dans son iconographie la plus connue, Khandoba est accompagné de l’une de ses épouses, généralement Mhalsa, parfois Banai, partageant avec lui la monture. Certaines sculptures le représentent cependant seul ou simplifient considérablement les personnages secondaires et les attributs. Les présents exemplaires appartiennent à cette production populaire où l’identification repose davantage sur la silhouette générale du dieu guerrier à cheval, son couvre-chef, son armement et le caractère votif de l’image que sur un programme iconographique strictement codifié.

Les trois statuettes offrent d’ailleurs chacune une interprétation différente du même sujet. Les chevaux, aux membres minces et fortement stylisés, sont traités avec une économie de moyens qui contraste avec la présence verticale des cavaliers. Les hautes coiffures, les armes et les détails des harnachements animent les silhouettes, tandis que les bases architecturées donnent à ces petits bronzes une monumentalité inattendue.

Une patine façonnée par le geste rituel

Ces figures étaient destinées à un contexte religieux ou domestique, comparables aux petits autels et bronzes de dévotion consacrés à Khandoba que l’on rencontre au Maharashtra. Leur format permettait une installation dans un sanctuaire familial ou un espace rituel, où la divinité pouvait recevoir prières et offrandes.

 

Ces trois figures équestres de Khandoba forment un ensemble particulièrement évocateur des arts religieux populaires de l’Inde occidentale au XVIIIe siècle. Leur patine et l’usure de leurs surfaces sont cohérentes avec celles observées sur plusieurs bronzes comparables de la collection de Claude de Marteau, ainsi qu’avec des exemplaires anciens apparus sur le marché de l’art.

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