Paire de Mukhalinga en bronze, Inde
€500,00
Dans l’iconographie hindoue, le mukhalinga ou mukhalingam (c-à-d « linga avec un visage ») est un couvre-linga avec un ou plusieurs visages, traditionnellement fabriqué en laiton, bronze ou argent et moulé à la cire perdue représentant le visage de Shiva. Inde, 19ème siècle.
- Le terme « linga » désigne un symbole emblématique du culte de Shiva, un œuf sacré ou un objet de forme phallique qui représente la création, ils sont placés sur le dessus du linga pour le couvrir et préserver ses vibrations et sa puissance.
- Provenance: Succession Claude de Marteau.
- A gauche H 16 cm x l 12 cm
- A droite H 24 cm x l 15 cm
- Poids de l’ensemble: 2,7 KG
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Cette paire de Mukhalinga en alliage cuivreux, datable des XVIIIe-XIXe siècles, appartient à une tradition ancienne du culte de Shiva en Inde. Le terme mukhalinga — littéralement « linga avec un visage » — désigne ici un couvre-linga métallique donnant une apparence humaine à la forme abstraite sous laquelle Shiva est traditionnellement vénéré. Les deux pièces proviennent de la collection du marchand et collectionneur Claude de Marteau.
Le linga constitue l’un des emblèmes les plus anciens et les plus sacrés de Shiva. Le British Museum rappelle que cette forme symbolique, réalisée en pierre, argile ou métal, traverse toute l’histoire du culte shivaïte. Dès les premiers siècles de notre ère apparaissent également des représentations où le visage du dieu émerge du linga, réunissant ainsi sa présence abstraite et sa manifestation anthropomorphe.
Donner un visage à Shiva
Dans les Mukhalinga métalliques, ce principe prend une forme particulièrement concrète : le couvre-linga était placé sur le linga lors du culte afin de lui donner le visage de Shiva. Cette transformation permettait au fidèle d’établir avec la divinité une relation visuelle plus directe, essentielle dans la notion hindoue de darshan, l’échange du regard entre le dieu et son dévot.
Les traits fortement affirmés de ces deux exemplaires — grands yeux, sourcils marqués, moustache, oreilles ornées et coiffure structurée — appartiennent précisément à cette iconographie. Le National Museum de New Delhi conserve un Mukhalinga métallique provenant du Karnataka/Maharashtra, dont il souligne les yeux saillants, les épais sourcils, la moustache et les bijoux. Une autre collection muséale documente un Mukhalinga en bronze du Maharashtra, daté entre 1701 et 1900, confirmant la permanence de ce type dans l’Inde occidentale.
Ces couvre-linga étaient donc de véritables objets de dévotion, installés sur l’emblème de Shiva lors des pratiques rituelles et susceptibles d’être manipulés, retirés ou replacés selon les circonstances du culte. Leur patine et l’adoucissement de certaines surfaces prennent tout leur sens dans ce contexte d’utilisation prolongée.
Différentes par leurs dimensions et leur modelé, les deux pièces forment un ensemble cohérent illustrant les variations d’un même type rituel. Leur présence conjointe offre un témoignage particulièrement évocateur de la manière dont l’art religieux indien a pu donner un visage à la puissance symbolique du linga, en faisant apparaître Shiva lui-même au cœur de l’objet de culte.






